L’atelier Nitting, spécialisé dans la fabrication de verres de montres, est installé 152 rue du Temple, à Paris, depuis 1949. Avant-guerre, le grand-père de l’actuel exploitant fabriquait déjà des verres de montres, rue des Gravilliers, dans le troisième arrondissement, à quelques dizaines de mètres de l’adresse actuelle. Dans cette affaire de famille, l’élément prépondérant a toujours été le soin apporté à la qualité du travail.
L’essentiel de l’activité développée par Nitting est consacré à
la réparation, donc au remplacement des verres de montres en cristal-minéral, autrement dit un
verre de qualité « extra-blanc », le nec plus ultra dans le domaine. Le verre est acheté
en feuilles de différentes épaisseurs, au mètre carré, et découpé puis
façonné de diverses manières.Le verre peut être trempé, c’est-à-dire
durci en surface par un processus chimique, dans une solution à base de nitrate de potassium portée
à haute température.
Il peut être simplement ajusté à la forme de la montre lorsqu’il s’agit d’un verre minéral « plat-lamelle », le type le plus répandu depuis l’avènement de la montre à quartz. Il peut être aussi bombé, au four ou au chalumeau, sur un touret (voir photo ci-dessous) dans un moule fabriqué sur place. Le verre peut encore être creusé ou surfacé (lentillé ou cabochonné) sur des meules en pierre.
SAVOIR-FAIRE
La clientèle de Nitting est constituée de détaillants HBJO ou d’horlogers en chambre
et d’ateliers spécialisés, ainsi que de grandes marques pour leur service après-vente
de montres anciennes. Le savoir-faire de la maison attire de nombreux spécialistes en montres de collection.
Mais comme le confie M. Nitting « Nos prix et nos services, dans une conjoncture économique morose nous
permettent de travailler également sur des montres de gammes inférieures ». Une partie non
négligeable du C.A. est aussi générée par la fabrication de petites et moyennes
séries de verres pour des montres de valeur. « J’aime ce métier car il est
extraordinairement varié étant donné le nombre considérable de modèles de
montres pour lesquels nous devons intervenir – précise M. Nitting, qui poursuit : de plus,
l’artisan de nos jours est également un gestionnaire ».
La rationalisation de la gestion a nécessité la mise en place d’un petit programme informatique spécialement adapté à la taille et à la spécificité de l’entreprise. Cela s’est fait en coopération avec la Chambre des métiers, l’université et la Région, dans le cadre d’un «préconseil technologique » assorti d’une aide au financement. Désormais, la création d’un site en ligne répond également aux possibilités nouvellement offertes par la modernité.
Le credo de Daniel Nitting est d’adapter en permanence sa profession tout en restant le défenseur d’un savoir-faire, d’un métier et d’une exigence professionnelle qui ont fait la réputation de l’entreprise. Si le monde change, les valeurs essentielles demeurent.